Evaluation de la capacité d’autogestion du traitement et de l’autonomie du patient dans la prise de ses médicaments au sein d’un établissement public de santé mentale
Lucie MELLET1, Laeticia Rame1, Virginie Mayeux1, Audrey Rouvet1, Fabrice Lagrange1
(1) Pharmacie, Centre hospitalier Pierre Lôo, 51 rue des hôtelleries, 58400 La Charité sur Loire
Introduction : L’autonomie du patient dans la prise de ses traitements constitue un enjeu majeur dans les parcours de soins chroniques, en particulier en psychiatrie. Au-delà des enjeux d’adhésion et de réhabilitation, la certification des établissements de santé v2025 renforce cette exigence en encourageant la promotion de l’auto-administration des médicaments en hospitalisation.
Dans ce contexte, nous avons analysé les pratiques d’évaluation de l’autonomie et les modalités de mise en place de l’auto-administration au sein des services d’hospitalisation de jour et de réadaptation. Nous avons également évalué les connaissances des patients sur leurs traitements ainsi que leurs modalités actuelles de gestion de ceux-ci.
Matériel & méthode : Nous avons mené une étude observationnelle du 27/10/2025 au 31/10/2025 au sein de l’unité d’évaluation et de réadaptation (UER) ainsi que des services d’hospitalisation de jour (HDJ) de Nevers et d’Augy. Les données de pharmaco-épidémiologie et les facteurs de risque de non-observance ont été extraits du dossier patient informatisé. Les scores d’observance MMAS-8 et Girerd, les modalités de gestion du traitement et l’expérience patient ont été recueillis au cours d’un entretien individuel réalisé avec chaque patient.
Résultats & discussion : Au cours de la période, nous avons inclus 23 patients : 10 suivis à l’HDJ d’Augy, 7 à l’HDJ de Nevers et 6 au sein de l’UER. Le nombre moyen de médicaments par patient était de 6,0 ± 2,6, dont 0,4 ± 0,5 médicaments à risque. Le nombre moyen de facteurs de risque de non-autonomie était de 1,8 ± 1,1 par patient.
Le score d’observance moyen était de 7,3 ± 1,2 selon l’échelle MMAS-8 et de 0,8 ± 1,3 selon l’échelle GIRERD indiquant dans les deux cas une bonne observance. Concernant les modalités de gestion du traitement, 14 patients (61 %) bénéficiaient d’une délivrance en sachets nominatifs préparés par la pharmacie à usage intérieur ; 8 patients (35 %) utilisaient un pilulier, et 1 patient (4 %) n’utilisait aucun dispositif.
Au total, 6 patients (26 %) avaient participé à des séances d’éducation thérapeutique (ETP), dont 5 (23 %) en individuel et 2 (9 %) en groupe. Par ailleurs, 15 patients (65 %) connaissaient le nom de leurs médicaments et 14 (61 %) étaient capables d’en donner l’indication.
Conclusion : Les résultats révèlent certaines limites dans la connaissance des traitements et une autonomie encore partielle dans leur gestion. Cependant, l’adhésion thérapeutique apparaît satisfaisante, avec de bons scores d’observance. La faible présence de facteurs de risque de non-observance suggère une capacité potentielle des patients à progresser vers une autonomie médicamenteuse renforcée. Dans cette perspective, la mise en place d’un programme Patient en Auto-Administration de ses Médicaments (PAAM) offrirait une opportunité d’améliorer les connaissances théoriques via de nouvelles séances d’ETP et de développer les compétences pratiques dans un cadre sécurisé, favorisant ainsi une transition progressive et maîtrisée vers l’autogestion.
Mots-clefs : Audit, Evaluation des pratiques professionnelles (EPP), Qualité de vie, Certification