Apport d’un outil numérique (Bimedoc) dans la quantification de l’activité de conciliation médicamenteuse.
Louisa Arezki1, julien potier1, Mohamed Diallo1, Sylvie Djoussa Kambou1, severine coulon1
(1) pui, GHEF, 6 rue st fiacre, 77100 Meaux
Introduction : La conciliation médicamenteuse (CM) est essentielle à la sécurisation des points de transitions de soins, mais son évaluation reste limitée par l’absence d’outils standardisés. L’utilisation d’un outil numérique comme Bimedoc permet de structurer la démarche, d’améliorer la traçabilité et de fiabiliser la collecte des données.
L´objectif est d’évaluer la mise en œuvre de la CM d’entrée en chirurgie polyvalente et orthopédique à l’aide du logiciel Bimedoc, en quantifiant les divergences entre la prescription hospitalière et le traitement à l’entrée.
Matériel & méthode : Entre novembre 2025 et mars 2026, des CM ont été réalisées via Bimedoc chez des patients ≥ 70 ans, présentant ≥ 3 médicaments dans leur bilan médicamenteux optimisé (BMO) et/ou un traitement appartenant à une liste de médicaments à risque. Les sources du BMO étaient les patients/proches, les ordonnances apportées et les pharmacies d’officine. Une analyse rétrospective a permis de quantifier, à l’aide de l’outil statistique de Bimedoc, la proportion de patients présentant au moins une divergence non intentionnelle (DNI), de patients sans aucun traitement represcrit (pSTR), ainsi que le délai de réalisation de la conciliation par rapport à la date d’admission.
Résultats & discussion : Au total, 309 patients ont été conciliés : 177 en chirurgie orthopédique, 87 en chirurgie urologique, 43 en chirurgie viscérale et 2 en chirurgie gynécologique. L’âge médian est de 76 ans et le BMO contient en moyenne 10,5 médicaments. 35 patients n’avaient aucune divergence (11%) et 274 avaient des divergences (89%). Au sein des divergences : 123 patients (45%) n´avaient aucune prescription (pSTR) et 151 patients (55%) avaient au moins une DNI. Parmi les DNI, on retrouve des oublis de médicaments et/ou erreurs de posologie et/ou un mauvais médicament prescrit. Le délai moyen entre l’entrée du patient dans le service et le moment où la CM a été réalisée est de 2,6j. La conciliation a été réalisée en <24h pour 42% des cas (130/309), en 24–48h pour 34% (105/309) et en >48h pour 24% (74/309). Les CM >48h sont principalement dues aux week-ends. Les statistiques générées via Bimedoc nécessitent un retraitement manuel important, elles restent approximatives, notamment sur le délai de réalisation de la CM ce qui augmente le risque d’erreurs. L’exploitation des données demande un travail complémentaire sur Excel souvent fastidieux. De plus, une fois exportée dans le logiciel hospitalier, la CM peut être compliquée à interpréter dans certains cas, la présentation des informations n’étant pas toujours intuitive.
Conclusion : Pour conclure, Bimedoc offre une opportunité précieuse pour extraire et analyser les données de la CM, mais il présente encore des limites : les statistiques nécessitent un travail manuel et sous Excel, et l’export de la conciliation reste parfois difficile à interpréter. Des améliorations sont donc nécessaires pour en faciliter son usage à grande échelle.
Mots-clefs : Bilan médicamenteux optimisé, Conciliation médicamenteuse, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Informatisation