Espace posters 2026
Informatisation-automatisation-sécurisation du circuit des produits de santé
053 I
Médicaments non utilisés en psychiatrie : les médicaments retournés sont-ils tracés comme administrés ?

Lucie MELLET1, Fanny Cassera1, Fabrice Lagrange1
(1) Pharmacie, Centre hospitalier Pierre Lôo, 51 rue des hôtelleries, 58400 La Charité sur Loire

Introduction : La traçabilité de l’administration des médicaments est une obligation réglementaire dans les établissements de santé, essentielle pour la sécurité des patients et la qualité des soins. En psychiatrie, les variations de prescriptions, les refus de patients et les modifications de traitement entraînent fréquemment des retours de médicaments non utilisés. Ces retours représentent un enjeu organisationnel, économique et environnemental. Pourtant, peu de données documentent si ces médicaments retournés sont correctement tracés comme non-administrés et justifiés. Cette étude vise à évaluer la traçabilité des médicaments non utilisés retournés à la pharmacie.
Matériel & méthode : Nous avons réalisé une étude observationnelle prospective du 01/11/2024 au 30/11/2024. Tous les médicaments retournés à la pharmacie par 3 services de soins psychiatriques aigus, de gérontopsychiatrie et de réhabilitation ont été recensés. Pour chaque retour, nous avons relevé le service, le numéro de séjour, la date de retour, la spécialité, le dosage et le nombre d’unités retournées. Le dossier patient informatisé a été consulté afin de vérifier la prescription au moment prévu de l’administration et d’identifier le motif du retour. Les retours dont l’administration n’était pas valable (sortie, modification de traitement, …) ont été exclus de l’analyse.
Résultats & discussion : Durant la période d’étude, 22469 sachets de PDA ont été produits et 1399 (6,2 %) été retournés. Parmi ceux-ci, 991 (70,8 %) étaient considérés comme non validables au moment de l’administration (sortie, arrêt de la ligne de prescription) et 407 (29,1 %) validables. L’analyse s’est focalisée sur ces derniers. Parmi les 407 retours validables : 87 (21,4 %) n’avaient aucune traçabilité dans le dossier patient, 84 (20,6 %) ont été validés avec une quantité identique à celle retournée, 13 (3,2 %) ont été validés avec une quantité supérieure, et 51 (12,5 %) avec une quantité administrée nulle sans justification. A l’inverse, 172 (42,3 %) ont été validés avec une quantité nulle et une justification : 123 (30,2 %) pour endormissement du patient, 40 (9,8 %) pour refus et 9 (2,2 %) autre motif médical. Ainsi, 222 (54,5 %) retours validables présentent une traçabilité incomplète. Les traitements validables retournés à la pharmacie concernaient principalement des médicaments hypnotiques administrés au coucher (après 20 h) : 72 (17,7 %) zopiclone 7,5 mg, 31 (7,6 %) lormétazépam 2 mg, 24 (5,6 %) diazépam 10 mg et 17 (4,1 %) oxazépam 10 mg. En outre, 457 (32,7 %) retours concernaient des prises prévues au coucher. Parmi ceux-ci, 236 (57,8 %) étaient validables, dont 58 (24,5 %) n’ont pas été validés, 18 (7,6 %) validés avec une quantité non nulle, 37 (15,7 %) validés avec une quantité nulle sans justifications et 123 (52,1 %) validés avec une quantité nulle et justifiés.
Conclusion : La traçabilité demeure incomplète pour la majorité (54,5 %) des retours, exposant les prescripteurs à un biais lié aux absences de justification ou aux quantités non nulles, alors que les traitements prescrits au coucher, prédominants, pourraient être sur-prescrits et mériteraient une réévaluation.
Mots-clefs : Certification, Traçabilité, Audit, Délivrance nominative automatisée
Partager sur Partager sur