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004 A
Quels motifs de retours des médicaments non administrés en psychiatrie ?

Lucie MELLET1, Pauline Joseph1, Fabrice Lagrange1
(1) Pharmacie, Centre hospitalier Pierre Lôo, 51 rue des hôtelleries, 58400 La Charité sur Loire

Introduction : Au sein des établissements de santé, 29 % des émissions de gaz à effet de serre proviennent de l’achat de médicaments. La réduction du gaspillage médicamenteux répond ainsi à des enjeux environnementaux, mais aussi économiques et sociétaux. Notre établissement réalise une préparation des doses à administrer (PDA) automatisée afin de permettre une dispensation au plus juste. Cependant, des médicaments non administrés issus de la PDA sont retournés à la pharmacie. Nous avons souhaité quantifier ces retours et analyser les motifs de non-administration.
Matériel & méthode : Nous avons réalisé une étude observationnelle prospective du 01/11/2024 au 30/11/2024. Tous les médicaments retournés à la pharmacie par 3 services de soins psychiatriques aigus (Nord, Nevers et Sud), de gérontopsychiatrie et de réhabilitation ont été recensés. Pour chaque retour, nous avons relevé le service, le numéro de séjour, la date de retour, la spécialité, le dosage et le nombre d’unités retournées. Le dossier patient informatisé a été consulté afin de vérifier la prescription au moment prévu de l’administration et d’identifier le motif du retour. Le délai entre l’administration prévue et le retour a été calculé.
Résultats & discussion : Durant la période d’étude, 22469 sachets de PDA ont été produits et 1399 (6,2 %) été retournés, représentant 1645,5 unités. Le délai moyen de retour après l’administration prévue était de 3,0 ± 2,2 jours. Les séjours étaient répartis de la manière suivante : 47 (32,9 %) dans l’unité Nevers, 46 (32,2 %) dans l’unité Nord, 30 (21,0 %) dans l’unité Sud, 11 (7,7 %) en gérontopsychiatrie et 9 (6,3 %) en réhabilitation. Les retours de médicaments provenaient également de l’ensemble des unités, avec 403 (28,8 %) issus de l’unité Nevers, 391 (27,9 %) de l’unité Nord, 276 (19,7 %) de l’unité Sud, 85 (6,1 %) de la gérontopsychiatrie et 244 (17,5 %) de la réhabilitation. Parmi les motifs de retours, nous avons retrouvé 437 (31,2 %) sorties prévisibles, 291 (21,0 %) sorties non prévisibles, 40 (2,9 %) refus du patient, 274 (19,6 %) modifications de prescriptions, 123 (8,8 %) endormissement du patient, 11 (0,8 %) d’autres motifs et pour 220 (15,7 %) nous n’avons pas retrouvé de justification. Concernant les horaires d’administration prévus, 462 (33,0 %) correspondait à une prise le soir, 462 (33,0 %) au coucher, 258 (18,5 %) le matin, 168 (12,0 %) le midi et 49 (3,5 %) l’après-midi.
Conclusion : Une part importante des retours était liée à des sorties, majoritairement prévisibles, soulignant la nécessité d’anticiper ces évènements. La fréquence élevée de patients endormis au moment de l’administration et la prédominance du retour des prises du soir ou du coucher suggèrent un manque de réévaluation des traitements hypnotiques. Enfin, une proportion importante de retours sans justification traduit un défaut de traçabilité, pourtant obligatoire. Cette étude souligne l’importance de la coordination entre les équipes de soins et la pharmacie lors de la sortie d’hospitalisation, ainsi que l’importance de la réévaluation des traitements hypnotiques au cours de l’hospitalisation.
Mots-clefs : Traçabilité, Certification, Développement durable, Délivrance nominative automatisée
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