L’administration du Daratumumab par voie sous cutanée : faut-il changer nos pratiques ?
Cindy YAMDJEU1, Elodie CARTET1, Marion DIET1, Florence LACHENAL2, Emmanuelle PONT1
(1) Pharmacie, Centre Hospitalier Pierre Oudot, 30 avenue du Médipôle, 38300 Bourgoin-Jallieu
(2) Unité de Jour, Centre Hospitalier Pierre Oudot, 30 avenue du Médipôle, 38300 Bourgoin-Jallieu
Introduction : Le Daratumumab par voie sous-cutanée (SC) est un anticorps monoclonal anti-CD38 devant être administré sur une durée de 3 à 5 minutes. De nombreuses publications font retour de troubles musculo-squelettiques de la part des IDE réalisant ces injections ainsi que de difficultés à maintenir un débit continu.
L’objectif du travail est d’évaluer les modalités actuelles d’administration du Daratumumab SC au sein du service d’unité de jour (UDJ) de notre établissement.
Matériel & méthode : L’étude a été conduite sur une période de 8 jours afin d’observer les pratiques des 8 IDE travaillant en UDJ. Un audit observationnel a été réalisé afin d’observer 20 injections de Daratumumab SC. Pour chaque injection, 3 critères ont été évalués : le temps d’injection (via un chronomètre, sans informer les IDE en amont), la zone d’injection et le matériel utilisé. Un questionnaire comprenant 8 questions a ensuite été soumis oralement à chaque IDE afin d’évaluer leur confort, la présence ou non de douleurs musculo-squelettiques et la proximité avec le patient.
Résultats & discussion : Concernant l’audit, le temps moyen d’administration est de 3 minutes 52 avec un temps médian à 3 minutes 58. 25% des injections observées sont non conformes car le temps d’administration est inférieur à 3 minutes.
La zone d’injection est toujours conforme car réalisée au niveau de l’abdomen. Le matériel utilisé est le même pour toutes les IDE (utilisation d’une aiguille SC).
Concernant le questionnaire, 25% des IDE ressentent une douleur musculo-squelettique le jour de l’audit et qualifient leur position d’inconfortable, notamment en raison de la disposition du lit dans la pièce. De plus, 63% des IDE ont déjà ressenti des douleurs à la fin d´une journée où plusieurs injections étaient réalisées.
Aucune des IDE n’estime qu’il y a une trop forte proximité avec le patient lors du geste, ceci contribuerait même à échanger et à rassurer le patient.
Les résultats de l’étude ont été présentés à toute l’équipe d’UDJ (IDE, cadre, prescripteur). Afin d’améliorer le respect du temps d’injection, l’administration via PSE a été discutée. Ceci impose la réalisation d’un montage avec les dispositifs médicaux stériles (DMS) suivants : cathéter SC, prolongateurs prémontés ou non (longueurs = 50, 100 ou 150 cm), robinet 3 voies. Six montages ont été analysés et montrent un volume mort important (6 à 17%). En prenant en compte le montage des DMS, la purge, le rinçage post-injection et la désinfection des PSE entre chaque patient, le temps IDE serait allongé de 20 à 30 minutes par injection. Au vu des modifications organisationnelles qui seraient à prévoir, l’idée d’un passage sous PSE n’est pas retenue. La mise en place d’un chronomètre ainsi qu’une optimisation de l´ergonomie des salles où sont réalisées l´ensemble des injections sera mis en place par l’équipe.
Conclusion : Ce travail pluridisciplinaire a permis de sensibiliser l’équipe d’UDJ aux bonnes pratiques d’injection du Daratumumab SC. Ces mesures seront prochainement élargies aux autres unités de soins.
Mots-clefs : Chimiothérapie, Audit, Dispositifs médicaux stériles, Amélioration de la qualité