Espace posters 2026
Pharmacie clinique
145 PC
Conformité des prescriptions de benzodiazépines chez des patients sous thérapies orales anticancéreuses : l’entretien pharmaceutique comme levier de deprescription

Juliette Demri1, Mélanie Garcia1, Emmanuelle Fougereau1, Audrey MONNEUR2, Morgane Dulac1
(1) Pharmacie clinique, Institut Paoli-Calmettes, 232 Bd de Sainte-Marguerite, 13009 Marseille
(2) Oncologie médicale, Institut Paoli-Calmettes, 232 Bd de Sainte-Marguerite, 13009 Marseille

Introduction : Les benzodiazépines (BZD) sont indiquées dans le traitement symptomatique de l’anxiété sévère et de l’insomnie aiguë, sans en traiter la cause, pour des durées limitées (≤ 12 semaines et ≤ 4 semaines respectivement). Malgré ces recommandations, les mésusages persistent, exposant à des effets indésirables graves (dépendance, troubles cognitifs, chutes, dépression respiratoire). L’hôpital constitue un levier pour identifier les prescriptions inappropriées et initier des stratégies de déprescription. L´objectif est d´évaluer la conformité des prescriptions de BZD et de déterminer l’éligibilité à une déprescription chez des patients bénéficiant d’un bilan de médication (BM).
Matériel & méthode : Étude observationnelle prospective menée du 1er décembre 2025 au 31 mars 2026 chez des patients ayant bénéficié d’un BM et traités par BZD. L’éligibilité à une déprescription a été évaluée selon l’algorithme proposé par l’OMEDIT PACA-Corse. L’attachement au traitement a été mesuré par le questionnaire ECAB. Selon le profil clinique, la sévérité de l’insomnie (ISI) ou de l’anxiété (GAD-7) a été évaluée. Un suivi téléphonique à 3 mois a permis d’évaluer les modifications thérapeutiques.
Résultats & discussion : Sur 4 mois, 174 patients ont bénéficié d’un BM ; 12% (21) avaient une prescription de BZD. Parmi eux, 14 ont été inclus (sex-ratio 2/12 ; âge moyen 72 ans), dont 86% (12) ≥ 65 ans. Les BZD les plus prescrites étaient l’alprazolam (36%, 5) suivies du bromazépam et oxazepam (28 % chacun, 4), puis du lormetazepam, lorazepam et diazépam (8% chacun, 1). Deux patients recevaient 2 BZD concomitamment. Sur les 16 BZD prescrites, les indications étaient anxiolytiques (50%, 8), hypnotiques (31%, 5) ou mixtes (19%, 3), avec une indication myorelaxante dans 6% des cas (1). Toutes les prescriptions (100%, 16) dépassaient les durées recommandées, avec des durées allant de 9 mois à 20 ans. Concernant les demi-vies, 6% des BZD étaient à demi-vie longue (> 20h), 69 % intermédiaire (10–20h) et 25% courte (< 10h). Parmi les BZD à demi-vie longue ou intermédiaire, 50% (7) concernaient des sujets âgés. Parmi les patients évalués via le questionnaire ECAB (13), 62%, 8 présentaient un faible attachement au traitement (score ECAB moyen : 3,5/10). Les 2 scores ISI réalisés indiquaient une insomnie subclinique légère, tandis que les 4 scores GAD-7 réalisés retrouvaient une anxiété modérée (1) ou sévère (3). Selon l’algorithme OMEDIT, 62%, 8 patients étaient éligibles à une déprescription. Une intervention pharmaceutique a été émise dans le BM en ce sens. À 3 mois, 38% des patients (5/13) avaient modifié leur traitement, avec 4 diminutions posologiques et 1 arrêt complet.
Conclusion : Les prescriptions de BZD restent majoritairement non conformes aux recommandations, notamment en terme de durée d’exposition. Une proportion importante de patients apparaît éligible à une déprescription structurée. Le bilan de médication, associé à l’utilisation de l’algorithme OMEDIT PACA-Corse, constitue un levier pertinent pour sécuriser et optimiser la prise en charge médicamenteuse. Ce travail préliminaire nous encourage à mettre en place, au sein de notre établissement, une démarche de déprescription chez les patients hospitalisés en oncogériatrie.
Mots-clefs : Médicament potentiellement inapproprié, Intervention pharmaceutique, Bilan médicamenteux optimisé, Pharmacie clinique
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