Médicaments à risque : Démarche d’élaboration des listes
Hermine MEDJOUDOUM1, BERTRAND SOTO2, MAGALI GUILLAUME1, Chrisostome Wilfried MABOUNDOUM1
(1) PHARMACIE, CH AUXERRE, 2 BOULEVARD DE VERDUN, 89011 AUXERRE
(2) PEDIATRIE, CH AUXERRE, 2 BOULEVARD DE VERDUN , 89011 AUXERRE
Introduction : Les médicaments à haut risque de dommages graves en cas de mauvaise utilisation doivent être identifiés et faire l’objet d’une gestion spécifique. Conformément à l’arrêté du 6 avril 2011 relatif au management de la qualité de la prise en charge médicamenteuse, leurs prescription, détention, stockage et administration doivent être sécurisés, avec un suivi adapté pour prévenir les erreurs. Leur liste, évolutive et spécifique à chaque établissement et service, dépend des pathologies prises en charge et du profil des patients. Élaborée de façon pluridisciplinaire, et validée par la Commission médicale d’établissement, elle intègre les déclarations d’événements indésirables graves associés aux soins et doit être connue de tous les professionnels de santé. Sa diffusion et le respect des bonnes pratiques à chaque étape du circuit du médicament, sont systématiquement évalués lors de la certification HAS. Toute non-conformité peut donner lieu à une fiche d’anomalie susceptible de compromettre la certification de l’établissement. Dans ce contexte, nous présentons notre démarche d’élaboration des listes et nos actions de prévention associées.
Matériel & méthode : Ce travail, intégré au projet d’établissement, a été conduit d’août à décembre 2025 par un groupe pluridisciplinaire associant médecins, pharmaciens, infirmiers préparateurs en pharmacie et direction qualité et soins. Il s’est déroulé en six étapes : analyse qualitative et quantitative des consommations issues de l’ancienne liste ; étude des médicaments impliqués dans les événements indésirables et leur lien avec les never events ; identification des classes les plus à risque ; structuration des unités en trois secteurs homogènes (services critiques, médecine-chirurgie-gynécologie, mère-enfant) pour limiter le nombre de listes. Les données ont été synthétisées puis soumises aux médecins référents de chaque secteur pour ajustement. Les listes finales, évolutives, ont ensuite été validées par le COMEDIMS et la CME.
Résultats & discussion : Trente molécules, appartenant principalement à six classes (insulines, anticoagulants oraux, antiarythmiques et cardiotropes, anesthésiques, sédatifs et électrolytes), ont été identifiées comme à risque. En tenant compte des spécificités sectorielles, trois listes ont été définies : services critiques (29 molécules), mère-enfant (28), médecine-chirurgie-gynécologie (30). Huit axes d’action ont été déployés, ayant permis d’atteindre 100 % de maîtrise lors de la certification HAS (du 9 au 13 mars 2026) : révision des procédures, formation des professionnels, aide à la prescription informatisée, mise en place de règles de sécurité (5B, fiches de bon usage), optimisation du stockage et de l’administration, renforcement de l’analyse pharmaceutique, évaluation des prescriptions et valorisation de la conciliation médicamenteuse.
Conclusion : Malgré la complexité des exigences HAS, cette démarche a permis d’établir des listes adaptées à chaque secteur, au plus près des pratiques. Leur révision annuelle garantira leur pertinence et pérennisera le bon usage de ces médicaments
Mots-clefs : Amélioration de la qualité, Certification, Analyse de risques