Enquête sur le bon usage des rampes de robinet et boîtiers de protection à l’hôpital de la Timone
Chloé RATHELOT1, Valérie MINETTI1, Anne DURAND1
(1) Pharmacie, Timone APHM, 264 Rue Saint-Pierre , 13005 Marseille
Introduction : Les dispositifs de perfusion intraveineuse comprennent deux types de rampes de robinet : avec valve intégrée ou sans valve nécessitant un boîtier de protection externe. Aucune recommandation officielle ne privilégie l’un ou l’autre. À l’hôpital de la Timone, les deux coexistent sans préférence claire. Cette étude vise à identifier les critères de choix pour harmoniser les pratiques, optimiser l’utilisation des dispositifs et évaluer l’impact économique d’éventuels changements.
Matériel & méthode : Une étude rétrospective a été menée sur les six premiers mois de 2025, ciblant les services utilisant rampes avec valve (n=6106), rampes sans valve (n’=5641) et boîtiers de protection (n’’=4348). Les services concernés sont réanimations, soins intensifs, la cardiologie, l’oncologie et l’hépato-gastroentérologie. Les données proviennent d’une analyse des consommations par service via le logiciel PHARMA, d’un questionnaire adressé aux équipes infirmières (usage des dispositifs, fréquence de changement, imprégnation des mousses de boîtiers avec antiseptique), et d’une revue bibliographique des bonnes pratiques en vigueur.
Résultats & discussion : Vingt-deux services utilisent ces dispositifs sans protocole clair. Les raisons de cette variabilité sont : 70 % évoquent un défaut d’approvisionnement, 20 % adaptent selon les indications cliniques (voie veineuse centrale/périphérique, durée de perfusion, état du patient), et 10 % ont abandonné les rampes sans valve pour des raisons de sécurité. La conformité aux attentes est de 57,01 %, laissant 42,99 % de marge d’optimisation selon le service, la voie d’administration et la durée de perfusion.
La fréquence de changement varie : 33,33 % des services les changent toutes les 48 h, 41,67 % deux fois par semaine, 25 % une fois par semaine. Concernant les boîtiers de protection, 67 % utilisent une mousse non imbibée d’antiseptique, 33 % une mousse imbibée. Sur le plan économique, standardiser vers les rampes avec valve permettrait une économie de 11 234 € sur six mois.
Conclusion : Pour harmoniser les usages, il est recommandé de réduire les sources de contamination en évitant l’utilisation de boîtiers lorsque la rampe est fixée par un support, tout en les préconisant dans les autres cas. La fréquence de changement devrait être standardisée : la ligne principale ne devrait pas être changée avant quatre jours, sans dépasser sept jours. De plus, il est conseillé de proscrire l’imprégnation antiseptique des mousses, en l’absence de preuve d’efficacité et afin de limiter les risques chimiques. Enfin, il est préférable de privilégier les rampes avec valve, qui offrent des avantages économiques, écologiques et sécuritaires, notamment en réduisant le nombre de manipulations et les risques de contamination.
Cette approche permettrait non seulement d’uniformiser les pratiques au sein des services, mais aussi d’optimiser les coûts et de renforcer la sécurité des patients.
Mots-clefs : Dispositifs médicaux stériles, Amélioration de la qualité, Evaluation médico-économique