Audit des trousses de drapage personnalisées : un levier stratégique avant l’appel d’offres
Amitis AFSARI KASHANI1, BELLIARD Anne-Marie1, Hortense LE NOAC’H 1, Pauline SALLES 1, Emanuelle CAUCHETIER 1, Jean-Luc PONS 1
(1) Pharmacie, Centre Hospitalier Victor Dupouy, 69 rue du Lieutenant-Colonel Prudhon, 95107 Argenteuil
Introduction : Dans le cadre d’un nouvel appel d’offres, un audit des compositions des trousses de drapage personnalisées a été conduit au sein de notre établissement de santé. Face aux enjeux croissants du développement durable au bloc opératoire, cette démarche s’inscrit pleinement dans une volonté d’amélioration des pratiques. Cette étude permet d’évaluer l’impact de l’optimisation et de la rationalisation, notamment au regard des engagements en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Les objectifs de cette étude sont d’analyser l’adéquation des trousses aux besoins actuels, la consommation des composants et le coût des pertes associées dans une perspective d’amélioration.
Matériel & méthode : Une étude observationnelle monocentrique, associée à un audit au bloc opératoire, a été mené sur 3 mois et demi (15/12/2025 au 31/03/2026). Il a été réalisé par un interne et un externe en pharmacie, à l’aide d’un questionnaire comportant 12 items, suivi d’échanges avec les praticiens. Chaque ajout et chaque mise au rebut de composant ont été recensés, en quantité et en coût. Le montant annuel des déchets a été estimé à partir du poids des composants éliminés et du tarif de prise en charge des DASRI.
Résultats & discussion : Au total, 15 trousses différentes ont été analysées : 3 en cardiologie interventionnelle, 5 en chirurgie orthopédique, 3 en bloc gynécologique, 1 en radiologie interventionnelle et 3 en chirurgie viscérale. Vingt-huit professionnels de santé ont été interrogées dont 18 médecins, 2 sages-femmes, 6 infirmiers de bloc opératoire diplômés d’État (IBODE) et 2 manipulateurs en radiologie. Parmi les trousses étudiées, 40% (n=6) sont utilisées de manière différente dans le cadre de la même intervention par des chirurgiens différents. Aucune modification n’a été faites pour 33% (n=5) d’entre elles. Sur les 232 composants examinés, 17.7% (n=41) ont été modifiés : 63% (n=26) ajoutés et 37% retirés (n=15). L’élimination des composants non utilisés représente un coût annuel total de 258€ hors taxe. Le montant d’achat annuel estimé des composants jetés s’élève à 7 335 €, tandis que celui des composants ajoutés en satellite atteint 7 840€.
Conclusion : Cette étude met en évidence la nécessité d’adapter régulièrement la composition des trousses en fonction de l’évolution des pratiques et des chirurgiens. Par ailleurs, une utilisation inappropriée du circuit des déchets a également été observée. L’optimisation de la composition de 10 trousses permettra de réduire les déchets et d’épargner les ressources en matière première, tout en maintenant la qualité et la sécurité des soins. Les principales limites de cette étude résident dans la variabilité des besoins en composants pour une même intervention, selon les chirurgiens. Ces résultats seront présentés en COMEDIMS et en conseil de bloc afin de sensibiliser les professionnels de santé.
Mots-clefs : Responsabilité sociétale et environnementale, Dispositifs médicaux stériles, Développement durable, Evaluation médico-économique